Accueil › Savoir › Société civile › La fiscalité de la SCI à l'IR : choix qui allègent ou aggravent l'impôt

Société civile patrimoniale

La fiscalité de la SCI à l'IR : choix qui allègent ou aggravent l'impôt

En résumé

  • Les intérêts d'emprunt et de comptes courants finançant des immeubles loués nus sont déductibles des revenus fonciers.
  • La part du prix de cession correspondant aux comptes courants n'est pas imposée ; les réserves majorent le prix d'acquisition des parts.
  • Les droits d'enregistrement sont de 5 % ou 3 % ; un capital faible les réduit, la cession d'usufruit relève du droit fixe.
  • Dans une société à l'IR, l'usufruitier peut supporter l'impôt sur la plus-value par convention.
  • Les parts bénéficient d'une décote d'illiquidité pour l'IFI et les droits de mutation.

Comment réduire l'impôt sur le revenu dans une SCI à l'IR ?

Les intérêts des emprunts contractés pour acquérir, construire, réparer ou améliorer des immeubles loués nus sont déductibles des revenus fonciers (CGI 31, I, 1°, d), que l'emprunt soit souscrit par la société ou par l'associé pour financer son apport ou acquérir des parts (BOI-RFPI-BASE-20-80), y compris lorsque la société rembourse le prêt de l'associé (Rép. min. Baudot, JO Sénat 3 juin 2004, n° 09898).

Les intérêts des comptes courants sont déductibles dans les mêmes conditions, si le capital est entièrement libéré et si le montant du compte correspond aux dépenses financées (CE 8 juill. 1988, n° 64902 ; CE 10 févr. 1989, n° 57606). Ils ne le sont pas lorsque la capacité de financement de la société excède largement le coût des travaux.

Comment est imposée la cession des parts ?

  • Société à prépondérance immobilière : plus-values immobilières des particuliers, 19 % et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec abattement pour durée de détention (CGI 150 UB). Sinon, plus-values mobilières : prélèvement forfaitaire ou barème.
  • La part du prix correspondant aux comptes courants n'est pas imposable, si l'associé justifie de sa créance (Rép. min. Ducout, JOAN 2 août 1999, n° 25882).
  • Le prix d'acquisition des parts est majoré de la quote-part des bénéfices déjà imposés mis en réserve (CE 16 févr. 2000, n° 133296, Quemener ; CE 9 mars 2005, n° 248825, Baradé).
  • Capital non libéré : si le capital est libéré avant la cession, la plus-value se calcule comme s'il l'avait été à l'origine ; sinon, le prix d'acquisition est la valeur nominale des parts, et la charge de libération transférée au cessionnaire s'ajoute au prix de cession (Rép. min. Dhaille, JOAN 2 oct. 1989, n° 12637 ; Rép. min. Dubernard, JOAN 3 juill. 1995, n° 20321).

Quels droits d'enregistrement sur la cession des parts ?

Les droits sont à la charge de l'acquéreur : 5 % pour une société à prépondérance immobilière, 3 % pour les autres après un abattement de 23 000 € calculé à proportion des parts cédées (CGI 726). Avec un capital faible, le droit de 5 % porte sur la seule valeur des parts ; la cession ou le remboursement des comptes courants relève du droit fixe (BOI-ENR-DMTOM-40-10-20, n° 175). Plus le capital est élevé, plus les droits sont importants. La cession de l'usufruit de parts n'est pas une cession de parts sociales, l'usufruitier n'étant pas associé : elle relève du droit fixe de 125 € (Cass. com., 30 nov. 2022, n° 20-18884).

L'usufruitier peut-il supporter l'impôt sur la plus-value ?

Lorsque le démembrement porte directement sur un immeuble vendu, l'impôt sur la plus-value est dû par le nu-propriétaire. Dans une société à l'IR, usufruitier et nu-propriétaire des parts peuvent répartir chaque année le résultat, et donc l'impôt, par une convention conclue avant la clôture de l'exercice (BOI-BIC-CHAMP-70-20-10-20). La prise en charge de l'impôt par l'usufruitier transfère de la valeur au nu-propriétaire sans droits de mutation ; elle doit rester mesurée.

Quel avantage pour l'IFI ?

La valeur des parts, non cotées, est déclarée par estimation (CGI 758) ; une décote d'illiquidité de 10 à 20 % est admise, pour l'IFI comme pour les droits de mutation (Cass. com., 6 mai 2003, n° 01-13118 : 15 %). L'abattement de 30 % de la résidence principale ne s'applique pas à l'immeuble détenu par une SCI.

Quelles décisions allègent ou aggravent l'impôt ?

DécisionImpôt sur le revenuPlus-valueDroits d'enregistrementDroits de mutationIFI
Capital faibleNeutreNeutreAllègeAllègeNeutre
Capital fort libéré par emprunt personnelNeutreNeutreAggraveAggraveNeutre
Bénéfices mis en réserveNeutreNeutre (prix d’acquisition majoré)AggraveAllègeNeutre
Emprunt de la sociétéAllègeNeutreAllègeAllègeAllège
Compte courant du parentAllège (intérêts)NeutreAllègeAggraveNeutre
Répartition inégalitaire du dividendeSelon la répartitionNeutreNeutreAllègeNeutre

La transmission des parts est présentée sur la page Transmettre avec une SCI.

Questions fréquentes

Les intérêts d'emprunt de la SCI sont-ils déductibles des loyers ?

Oui, pour les immeubles loués nus (CGI 31, I, 1°, d), y compris l'emprunt de l'associé pour acquérir ses parts.

La cession de parts de SCI exonère-t-elle la part du prix correspondant au compte courant ?

Oui, si l'associé justifie de sa créance (Rép. min. n° 25882).

Quels droits d'enregistrement sur la vente de parts de SCI ?

5 % pour une société à prépondérance immobilière ; 3 % après abattement pour les autres (CGI 726).

La cession de l'usufruit de parts est-elle taxée à 5 % ?

Non, au droit fixe de 125 € (Cass. com., 30 nov. 2022, n° 20-18884).

Les parts de SCI bénéficient-elles d'une décote à l'IFI ?

Oui, une décote d'illiquidité de 10 à 20 % est admise.